Le Troisième son de Tartini

La période baroque entreprend de trouver un fondement physique à la musique.(Notion de résonance naturelle)

L’origine naturelle de l’accord mineur était difficile à  expliquer . Rameau suggère tout d’abord

  • les harmoniques inférieures ( l’accord de Fm venant de Do) qui ferait vibrer par sympathie les cordes supérieures

puis

  • la théorie de la résonance basée sur les harmoniques supérieurs mais qui échoue comme il rejette la 7 ème division (Bb) et  qu’il  confond les origines de la division de la corde. La tierce majeure apparait entre la 4 ème  et 5ème division de la corde  donc  la tierce mineure qui apparait entre la 5ème  division et la 6ème division est de  même nature. Le problème est que la 4ème division est la fondamentale de l’accord (C) mais pas la 5ème (E) donc 4eme- 5ème division=C-E tierce majeure. 5ème-6ème division (E-G) tierce mineure mais pas de la même note d’origine(C)

 

Tartini développe une autre théorie basée sur les sons différentiels ou résultants :2 notes jouées simultanément en pure intonation produisent une note faible plus basse que le registre normal de l’instrument .

Ces terzo suoni (3ème tons) ou sons fantômes sont utiles pour l’intonation notamment pour les violonistes qui joue en double-cordes mais malheureusement il ne put expliquer l’origine naturelle de l’accord mineur car la tierce mineur produit une tierce majeure (17 th) en dessous.

 


Remarque: les intervalles ( à  partir de la note basse) des doubles cordes sont similaires aux harmoniques

 

 

Il faut noter que pour ces deux théoriciens « naturel » veut parfois dire purement mathématique et non physique  et que la portée du troisième son et de la résonance inférieure (sub-harmoniques) reste très limitée car concernent surtout  des sons purs.

 

Concernant le Troisième son de Tartini , Je suis un peu dubitatif
car il me semble que l′on ne parle pas tous de la même chose. En effet le phénomène physique utilisé dans les orgues, de même que   l’étude de  l’otoémission, utilisent des sons purs

La difficulté est que l’on attribue à Tartini , ou  que l’on confond,  des découvertes qui lui sont postérieures (les sons résultants additifs par exemple) et que l’on ne sait plus exactement ce que sont les 3ème sons de Tartini. (ce que j’ai lu  sur les sons résultants de son traité était purement mathématique) et tout ce qui est issu des physiciens concerne des sons purs (ce qui ne correspond pas à son violon (Stradivarius de surcroi)).

Sa description mathématique  sensée prouver l’origine « naturelle » de la tierce mineure est probablement indépendante de  sa technique d’intonation même s’ il y a un rapport entre les deux.

Quand  deux fréquences simultanées  sont proches il y a des battements qui se ralentissent et disparaissent quand les fréquences se rapprochent ; en s’écartant, ces fréquences créent un nouveau son pur (le troisième son) qui  apparait  quand les fréquences des deux sons correspondent aux harmoniques d’un son fondamental .

Plus tard, on a découvert  qu’un troisième son était  produit par les cellules  de l’oreille interne lorsque on injecte 2 sons purs de même intensité. C’est  l’otoémission : Le son émis est un son composé de plusieurs fréquences, appelées   les produits de distorsions, multiples des fréquences des 2 sons injectés. Les produits de distorsions sont  d’intensité variable mais la fréquence la plus ample  apparaît  pour F2/F1=1,22 (proche de la quinte)

En oubliant sa théorie mathématique, on comprend mieux la technique d’accordage de Tartini qui se donnait  une limite inférieure  avec les battements qui disparaissent avec   le troisième son: limite supérieure   qui renforce l’accord en lui donnant une fondamentale.