Biographie

Après un court séjour à  Paris ou je suis né en 1946, j’ai passé mon enfance à  Nemours,petite ville d’alors 6.000 habitants, qui possédait cependant une harmonie, une symphonie et ,au moins, une chorale.

Ma scolarité se résume à  « Mauvais élève paresseux et lent dans ses acquisitions  » et ce, malgré l’étude du violon sensée me « réveiller ».

Trois facteurs ont changé le cours de ma vie

1-Une grande soif d’indépendance avec un besoin urgent de gagner ma vie en jouant dans les bals. A cette époque ,avec l’avénement du twist, le saxo ténor était très en vogue et je voulais absolument en jouer.
Un ami saxophoniste, musicien de variétés, me conseilla d’apprendre plutôt la clarinette ce qui me permettrait de me mettre facilement au saxo alors que l’inverse serait beaucoup plus difficile.
Moins d’un an plus tard je rentrais à  l ‘harmonie de Nemours comme seconde clarinette sous la direction de Monsieur Charles Lorin . Peu de temps après, grace à  mon nouveau professeur Monsieur Paul Bergevin , je rejoignais le pupitre des premières clarinettes ,tout en faisant plus de progrès au violon en quelque mois que pendant les cinq précédentes années. En peu de temps je jouais de la clarinette , du violon et du saxo dans les bals et obtenais un premier prix de clarinette avec félicitations du jury à Fontainebleau en 3 ans d’études .

2-Ma fierté piquée au vif
quand Mr Lorin,un homme d’environ 70 ans,me dit qu’il commencait l’étude de l’harmonie. Et là , plus question de paresser , je décidais immédiatement d’étudier l’harmonie

3-Le service militaire dans la musique du 8ème Rit  à  Suresnes (Mont Valérien) où  j’ai cotoyé des musiciens de tout premier ordre tels que Jean-Paul Holstein , Alain Kouznetzoff violon solo à l’opéra de Paris , Jean Claude Jaboulay , Yves Poucel, Alain Protin …ce qui m’a donné un nouvel essor.

J’avais cependant un seconde passion,la médecine et étais incapable de faire un choix. Les circonstances firent le choix à ma place pour un temps avant que j’arrive à concilier les deux professions.


Une fois encore trois personnes ont été déterminantes

1- Claire Pradel, fabuleuse musicienne qui peut passer sans transition de Couperin au clavecin ou à l’épinette aux standarts de Jazz au piano ,avec qui je jouais occasionnellement ,

2- Ayant un jour un concert à préparer qui me posait problème ,Claire Pradel me conseilla de prendre conseil auprès de Jacques Spajer .Dès notre première rencontre,les quelques conseils que j »escomptais se transformaient en une remise en cause complète de ma technique . Devant ma réticence ,il me suggéra
fort habilement de me mettre à l’alto qui serait « l’étude d’un nouvel instrument qui conviendrait mieux à ma personnalité! »

3-Toujours chez Claire Pradel , je profite d’une rencontre avec Yann Olivo pour me faire préciser un point d’harmonie;
– et il complète sa réponse par « mais vous n’etes pas obligé de suivre les règles de l’harmonie »

Bien que ce soit une méthode souvent adoptée, je le faisais avec mauvaise conscience et je dois dire que l’étude de l’harmonie avait fortement inhibé mes facultés créatrices.
Cette remarque d’une grande personnalité musicale fut donc pour moi une sorte de « caution libératrice » ensuite confortée par le témoignage d’autres musiciens confrontés, un temps, au meme problème que moi et qui avaient eu la meme réponse par d’autres autorités.

Après ‘une période de flottement et de mise en évidence de mes lacunes, cette petite phrase fut le départ de nouvelles voies de recherche et un regard critique sur la pédagogie.

  • Difficultés scolaires
  • Nécessité d ‘écrire
  • Prise de conscience,lors du passage du violon a l’alto, de la relation vision-audition-tact -posture

deviendront les matériaux d’une approche pédagogique pour les enfants en difficulté.

La confrontation aux problèmes posturaux et leurs conséquences me permettra de revoir la technique instrumentale au travers du prisme de la physiologie et de venir en aide aux adultes et aux professionels . Ironie du sort j’ai du pratiquement arreter de jouer à  cause de troubles visuels.

Avec les amis du Groupe Instrumental de Paris je découvre les difficultés des petits orchestres:course aux subventions,paperasserie administrative, difficultés pour trouver puis remplir une salle malgré la qualité des programmes et des musiciens.
Tout cela m’a conforté à   postériori dans mon choix initial .

Une autre grande expérience fut mon apport dans les fabuleux spectacles des élèves du Lycée Voltaire de Paris
Cette expérience a été  une démonstration de l’ intéret des arts dans le processus d’intégration et dans lutte contre la délinquence. Ce fut aussi un facteur de fierté et d′espoir pour les élèves

de voir émerger certains de leurs camarades comme Julie Zenatti ou Nicolas Rigas