Compréhension de l’harmonie à Deux voix

 

Attention ,ceci est un point de vue très personnel loin de tout académisme.

Deux notes simultanées forment un intervalle tandis qu’un plus grand nombres de notes forme soit un accord soit un agrégat. (Les noms diffèrent selon les écoles et les périodes concernées .)

En gros, le  contrepoint utilise les intervalles et l’ harmonie les accords. En toute logique, l’écriture à deux voix est du ressort du  contrepoint.

Cependant, le contrepoint est antérieur à la musique tonale et ses règles, justifiées par les intervalles pythagoriciens, sont quelque peu obsolètes avec l’apparition du tempérament égal.

D’autre part, l’harmonie tonale prend ses sources dans le contrepoint et en partage donc une partie de ses règles tout en  créant  une imprécision tonale dans l’écriture  à deux voix. C’est sans doute là la raison de la rareté  des écrits sur le sujet.

Hindemith est certainement un des plus illustres contributeurs  à l’adaptation  tonale du contrepoint mais sa méthode très sophistiquée peut être un peu difficile pour commencer.

Cet article vise à dégager une implication fonctionnelle des intervalles à partir de considération tonales

1°)Les  Gammes

La musique tonale comprend deux modes: Le mode majeur  et le   mode mineur qui apparaît sous trois aspects :

-La gamme  naturelle ou  mélodique descendante  similaire à la gamme   éolienne avec une sous tonique  (subtonic) à la place de la sensible.

-La gamme mineure harmonique qui diffère de la gamme mélodique descendante par la présence d’une sensible (leading tone).

-La  gamme mélodique  ascendante qui possède un sixième degré altéré pour corriger l’intervalle augmenté crée par la sensible.

2°) Accords triadiques

La superposition de deux tierces sur chaque degré de la gamme crée 4 types d’accords.

  1. L’accord Majeur  formé d’une tierce majeure et d’une tierce mineure (en partant du bas)
  2. L’accord Mineur formé d’une tierce  mineur et d’une tierce  majeure.
  3. L’accord diminué (qui n’appartient pas à l’harmonie consonante)  fait de deux tierces mineure
  4. L’accord de quinte augmentée   qui superpose deux tierces majeures  (n’appartient pas à l’harmonie tonale)

 

3°)Les degrés  de la gamme

Les degrés ne sont pas d’égale  importance

Les plus  importants  ont  I-IV-V qui sont les accords  principaux  ou forts qui peuvent être majeurs ou mineurs selon le mode.

Les autres degrés sont faibles ou très faibles  et peuvent être de tout types en fonction des modes.

 

4°) Inversion des accords

Tout accord de trois sons possède deux inversions mais certaines sont inusitées.

D’une façon générale, seuls  les accord forts  peuvent être inversé sans restriction.Les accords  II et  VII  peuvent être   inversés sous certaines  conditions.Les autres accords ne sont normalement pas renversés en dehors des marches harmoniques.

Le premier renversement  transforme la quinte  en sixte

Le second renversement  transforme la tierce en quarte. Ces accords nécessitent des précautions

 

Les Inversions entraînent donc un changement de structure

5°) Omission de note

Lorsque que l’harmonie à trois ou 4 voix nécessite un accord incomplet on supprime généralement la quinte . Donc,à deux voix un accord à l’état fondamental ( root position) apparaît sous forme d’une tierce ( Majeure ou or mineur).

La tierce est évidemment la seule qui puisse être omise dans l’accord de quinte diminuée.

En  harmonie tonale la  tierce peut être omise dans l’accord de Dominante  et de  Tonique si la tonalité est bien  établie. Donc un intervalle de  quinte signifie  un accord V ou I

-L’intervalle de sixte signifie un premier  renversement 

La  quarte peut être  omise  dans un accord de 4/6  cadentiel  ou  sur le deuxième renversement  du  VII degré  en passage(sur temps faible)

L’omission de la  sixte peut apparaître   dans   I6 ,V6  et  VII4/6; ils sont alors sous la  forme  d’une tierce mineure

6°)Analyse

3 signifie soit un accord fondamental  5/3 ou un premier renversement  6/3.

Ainsi   CE =CEG ou CEA

6 est soit 6/3 soit 6/4. EC= EGC  ou EAC

Les accords forts (I-IV-V) ont la priorité dans l’interprétation des Intervalles .

Donc  CE  = CEG=I5   en Do majeur mais CE=CEA=I6 en la mineur

La préséance est

I >VI>III  donc EG =EGC=I6 ,et non  EGB=III5 (en Do Maj)

V>III GE= GEC= I4/6, et non  EGB=III5

IV>VI

mais  IV = II

partir de ces  considérations  nous pouvons  établir  les règles suivantes

7°) La Position rythmique

est la dernière considération  à prendre en compte: Les accords inversés et les accords faibles sont préférablement placés sur les temps faibles.

Postlude:

Bien que la logique soit  différente  de la méthode classique d’étude du   contrepoint,  l’usage  des règles ci-dessus montre la similarité de résultats  avec les règles classiques d’écriture donc    Beaucoup de bruit pour rien, j’aurais ,au moins,essayé une simplification et nous aurons survolé l’école française avec une une adaptation du système anglo-saxon.

Les accords sur le violon

1-Les positions

Le violon possède 4 cordes, numérotées de l’aigu au grave, accordées en quinte et s’étendant chacune sur deux octaves (en 11ème position )

Classiquement il y a 9 positions mais seules les 7 premières sont étudiées et couramment utilisées. Cependant le violon s’étendant sur 4 Octaves, il est nécessaire d’aller au delà  de la neuvième position pour atteindre ce SOL extrème.Cette ou ces extra positions, selon la taille de la main, n’affectent ,en principe,que la première corde (mais ce n’est pas une règle absolue)

En prenant pour référence 4ème corde (G ) et la Gamme éolienne A B C D E F G), l’index, placé sur chacun de ces degrés, fixe la position de la main sur le manche.
Dans chaque position la combinaison des 4 doigts sur 2 cordes forment le cadre d’une octave et ,sur les 4 cordes, crée un ambitus d’une dizième car la position inclus une extension du 4ème doigt.

A l’intérieur de chaque position, les doigts peuvent être en position pliée ou étendue permettant tous les intervalles.

La position peut être étendue vers le bas par recul de l’index ou vers le haut par extension de l’auriculaire.

Il faut noter que cette présentation des positions n’est jamais exposée explicitement en terme de gamme éolienne dans les méthodes mais en terme de Premier doigt qui prend la place du second ou du troisième doigt -cependant les exemples sont bien donnés en Do Maj par les auteurs Français.

La figure ci-dessus montre la difficulté à décrire un système valable sur toutes les cordes.
Retenons donc la gamme de Do majeur sur la corde G des auteurs Français pour fixer les positions avec une exception le La b grave ce qui positionne la main un demi ton plus bas que la première position et prend le nom de « Demi-position ».

Il ne faut pas confondre cette demi-position avec celles décrites par Léopold Mozart qui sont,en fait, nos positions paires (2ème-4ème-6ème).
L’explication donnée par ce dernier nous éclaire.:La tradition voulait que les notes marquées sur les lignes soient jouées avec les premier et troisième doigts tandis que les notes marquées dans les interlignes utilisent les deuxième et quatrième doigts.

Sevcik ,avec son système des demi-tons, précise que la position peut se situer aussi bien à une seconde mineure qu’à  une seconde majeure de la position précédente.
Tout cela n’a pas d’incidence directe pour le compositeur mais conditionne les doigtés pour l’interprète.

Intérêt des positions

Léopold Mozart rattache l’usage des positions à  3 raisons

Nécessité:C’est la raison la plus évidente:Lorsque la mélodie excède le C5 ,la main doit se déplacer pour jouer les notes aiguës

Commodité: Certains traits sont plus faciles dans les positions paires

Elégance: Notamment dans le cantabile , où il faut éviter les corde à  vide
mais également limiter les changements de cordes qui peuvent nuire à  l’égalité de timbre ou de sonorité

Dans cette rubrique « Elégance » il faut également tenir compte du changement de position qui peut se faire en silence par un changement progressif de positions sur un demi ton par exemple ou par glissade dont il existe deux types
Le glissando il s’agit d’une succession de glissements saccadés accompagnés ou non d’une saccade de l’archet

Le portamento ou Port de voix qui effectue un glissement sur grand intervalle selon 3 techniques
Ecole Française: la nouvelle position est amenée par le doigt de départ avant d’appuyer le doigt cible

Ecole Russe : Le doigt cible glisse dès la position de départ

Methode mixte

Quelque soit la méthode la notation est la même

2-Etendue

Bien que l’étendue théorique du violon soit de deux octaves sur chaque corde (en 11ème position),


il est cependant prudent de ne pas dépasser la septième position qui correspond à  une étendue de onzième sur chaque corde.

Dans une position donnée c’ est à dire lorsque les 4 doigts sont sur une même corde,il est prudent de ne pas dépasser l’intervalle de quinte diminuée pour le violon et la quarte pour l’alto.
Il est à  souligner que ces intervalles s’exécutent d’autant mieux que la position est haute car la distance entre les doigts est de plus en plus petite.

Avec deux cordes contiguës l’ intervalle de quarte augmentée/quinte diminuée devient une neuvième mineure.(Ceci pour l’orchestre, l’étendue entre 2 cordes contiguës peut s’étendre à  l’intervalle de 10ème voire plus pour un soliste mais au delà  de la 10ème le phrasé devient problématique)

Attention la quinte juste porte mal son nom et sonne plutôt faux surtout dans l’aigu

3-Les doubles cordes

A-La première série comporte une corde à  vide soit à  la partie inférieure soit à  la partie supérieure

Soit dans une position fixe

Soit avec changement de position

la mélodie est entièrement jouée sur la corde Ré

2-Les doubles cordes

B-La seconde série comporte
soit une note tenue dans une des parties

soit une extension du 4ème doigt

C-La troisième série comporte le mouvement simultané des doigts

même chose pour les septièmes, octaves, et neuvièmes mineures mais ces intervalles deviennent difficiles et donc périlleux lorsque la note supérieure atteint le Ré 5

Limite inférieure obligatoire et limite supérieure approximative de sécurité


Le légato apporte un difficulté supplémentaire à tous ces intervalles

3: Les doubles cordes(suite)

C:troisième série(suite)

Cette troisième série se réalise

    • soit par changement de position

Dans ce cas les doigts se déplacent simultanément avec changement progressif de position

ou glissent réalisant un portamento

  • soit en utilisant les cordes à  vide

    Cette méthode,bien que de portée restreinte, est utile car elle permet d’éviter des changements de position

Doubles cordes:(suite)

Classification des intervalles par ordre croissant des difficultés

  • d’intonation
  • technique

-4 Les Accords de trois et quatre sons :

Les deux points fondamentaux sont

  • L’impossibilité d’appuyer sur plus de 2 cordes avec le même doigt
  • l’écart maximum d’une quinte diminuée entre les premier et quatrième doigts ce qui donne,sur 4 cordes, un ambitus de seizième

Ceci est illustré en mettant un doigt sur chaque corde.

Les violonistes reconnaîtront,en miroir, la méthode de Geminiani pour placer correctement les doigts et le coude afin de faciliter l’exécution des doubles cordes

4-Les Accords de trois et quatre sons

Les accords de 3 et 4 sons sont d’autant plus difficiles à  exécuter qu’il y a de doigts impliqués
Pour avoir des accord qui sonnent bien il faut donc privilégier au maximum les cordes à vide.

L’énonciation de l’accord de septième diminuée est une exception type . Une fois la combinaison de doigts réalisée, une simple translation permet de jouer les 3 renversements

4:Les Accords de trois et quatre sons

L’emploi d’arpèges permet de fluidifier les combinaisons de doigts réalisées en accords plaqués.

Les accords possèdent un intervalle de quinte avec note commune A-E et E-B qui nécessite un petit déplacement du doigt pouvant être nuisible pour l’intonation
.-L’arpègiation favorise en 2 une substitution de doigts

L’emploi de nos archets modernes ne permettent pas de jouer plus de 2 ou 3 cordes à la fois, et de ce fait un accord plaqué aura toujours une petite composante arpègée
plus ou moins marquée selon que l’on joue sur la touche ou près du chevalet mais le son sera différent.

Il faut donc être très prudent dans l’emploi d’accords de 4 sons au sein d’une polyphonie qui risquent d’obscurcir le phrasé.
Cette légère arpègiation de l’accord implique un choix stylistique pour l’interprète soit attaquer les notes basses avant le temps pour que les notes aiguës  soient sur le temps ou favoriser les notes graves en attaquant l’accord sur le temps ou encore attaquer l’accord par le haut avec les mêmes options d’attaque (avant ou sur le temps) . Il est donc utile de mettre un accent sur la note principale.
Si l’on désire un accord non brisé sur les temps il ne faut pas écrire plus de 3 notes par accords et tous en tirant.

En matière de double cordes ,se rappeler les règles mélodiques du contrepoint car tout intervalle mélodique défaillant en double cordes sera difficile à  jouer et nuira au phrasé.