Posts Tagged ‘Enchainement d’accord’

Enchainement d’accord:Comparaison de deux approches

dimanche, septembre 11th, 2011

De nombreuses questions concernant les progressions d’accord se retrouvent fréquemment dans les forums;ce qui révèle les défauts des différentes pédagogies. Cependant, la faiblesse d’un système pour un élève donné peut se révéler être une force pour un autre élève. Dans cette optique,je me propose de comparer l’école française à la pédagogie anglo-saxonne..

Pour faire court,il y a deux manières de penser l’harmonie tonale
-1 La mélodie créer l’ harmonie. C’était là l’ idée prédominante dans la période baroque , connue sous le nom d’école italienne d’où dérive l’harmonie à  la française.
-2 L’ harmonie créer la mélodie .C’était l’école française basée sur les principes de Jean Philippe Rameau. Curieusement ,cette école, peu admise en France, a été mieux accueillie en Allemagne où c’est développé l’harmonie fonctionnelle à  partir des principes ramistes.

L’école française

Une première différence significative avec l’école anglo-saxonne est le choix des mots:

Enchaînement des accords que l’on pourrait traduire par « Chaining up » est appelé   » Chords Progression » qui suggère une notion de mouvement que l’on ne retrouve pas dans le terme  « Enchaînement » qui a plutôt une connotation statique.
La raison est l’origine contrapuntique de l’harmonie française avec une classification basée sur les intervalles et la conduites des voix plutôt que sur la progression de la basse fondamentale.
Les règles de conduite des voix sont pratiquement similaires dans les deux écoles avec cependant  des règles souvent  plus restrictives concernant les quintes et octaves directes chez les auteurs français.
La spécificité française est plutôt dans la classification des degrés et des enchaînements bien que basée sur les fondamentales dans les deux écoles .
Classification des degrés En mineur le 2ème degré est mauvais s’il n’est pas suivi de V ou IV-V
La classification des enchaînements est basé sur le bon, le médiocre ou le mauvais effet produit suivant le nombre de notes communes et les degrés concernés.

-Les meilleurs enchainements sont ceux qui utilisent les meilleurs degrés

-Les bons degrés ajoutent de la variété mais peuvent obscurcir la tonalité ou même sonner dans une autre tonalité si leur emploi est abusif et mal ordonné.
-Les mauvais degrés n’apparaissent que sur les temps faibles et suivis par les meilleurs degrés.

Les meilleurs enchainements sont

    1. -Par tierces descendantes ou Sixte à ascendantes à  l’exception des enchaînements qui impliquent le III degré en mineur
    2. -Par quintes descendantes ou Quartes ascendantes
    3. -Par quintes ascendantes ou quartes descendantes
      Les enchaînements par quartes ou quintes sont bons entre les meilleurs et les bons degrés

 

En Second choix

  1. -Les enchaînements par secondes ascendantes ou descendante entre meilleurs degrés ou entre meilleurs et bons(uniquement dans ce sens)
  2. -Les enchaînements par tierces ascendantes ou sixtes descendantes aboutissant à un des meilleurs degrés (ou éventuellement sur le VI ème degré). Le deuxième accord peut être un accord mineur ou de quintes diminuée s’il est placé sur un temps faibles et suivit d’un accord situé à  la quarte ou à la quinte du premier

En Troisième choix -Les enchaînements par secondes ascendantes ou descendante et les enchaînements par tierces ascendantes qui aboutissent à  l’accord de médiante (III ème degré)
dans cette rubrique il y a des avis différents selon les auteurs
Les enchainements par secondes ascendantes sont bons sauf quand il aboutissent sur III
Pour les enchainements par secondes descendantes VI-V est bon
V-IV est bon si le triton n’est pas dans les parties extrêmes

I-VII est bon quand il est suivi de I

les autres enchainements par secondes descendantes sont mauvais (sauf en premier renversement.

L’école anglo-saxonne

Les règles harmoniques repose sur la théorie de la basse fondamentale de Rameau dérivant de la pratique de la basse continue dans laquelle les accord dépendent du mouvement de la basse.
En gros, une basse disjointe doit recevoir un accord de quinte et une basse conjointe peut ou doit recevoir un accord de sixte selon que la basse procède par ton ou demi ton.
Rameau a démontré que

– CEG,EGC, et GCE, auparavant considérés comme trois accords différents étaient en fait trois aspect d’un même accord

– La tonalité était basée deux sauts de quartes ascendantes ou quintes descendantes. –

-La fonction d’un accord dépend de sa relation avec l’accord suivant.
De ces principes
Simon Sechter élargit le principe des sauts de quinte descendantes de la basse fondamentale créant le cercle des quintes ( Stufen théorie) avec une progression vers la droite qui est de plus en plus fonctionnelle

La position du IV degré est problème difficile à expliquer avec cette théorie.

Riemann réduit les accord à 3 fonctions avec principe de substitution

La classification des degrés se fait en
– Les Accords primaires( Primary chords) qui correspondent aux trois accords tonaux I-IV- V
-Les accords secondaires (Secondary chords) :ce sont les accord modaux III-VI et les accord II- VII
Les accord également sont classés en 4 groupes en fonction de leur fonctionnalité plus ou moins forte et qui suit le principe des quintes descendantes

Arnold Shoenberg distingue

    1. -Les progression ascendante ou forte appelées dynamiques par Yizhak Sadai
      Enchainement par
      -Quartes ascendantes
      -Tierces descendantes
    2. Progression descendante (Statique)
      Enchainement par
      -Quartes descendantes
      -Tierces ascendantes
    3. Super forte (accentuée)
      Enchainement par
      – secondes ascendantes
      – secondes descendantes

Conclusion

L’école française peut apparaitre plus libre : Par exemple dans une cadence V peut être précédé
par les trois accords de sous dominante VI-IV-II dans un ordre quelconque mais cette liberté amène parfois à   l’élève scrupuleux des difficultés à  construire une suite d’accord compte tenue des très /trop ? nombreuses exceptions qui sont toutes  exposées en une fois avec les règles d’écriture.

L’école américaine est plus progressive et pragmatique avec direction à  suivre mais cela peut inhiber la créativité d’un élève un peut pressé qui sera perplexe devant  une difficulté imprévue telle que les possibilités de rétrogression or élision.

Une école est susceptible de créer une inhibition par excès d’informations et l’autre par manque d’informations.Les deux approches sont donc complémentaires et méritent d’être envisagées en fonction de l’élève.